C’est à partir des textes de Sulpice Sévère, biographe contemporain de saint Martin, ainsi que de ceux d’autres historiens, comme Grégoire de Tours, que nous connaissons une partie de sa vie. Grand voyageur tout au long de sa vie, cet européen avant l’heure naquit en 316 en Pannonie, l’actuelle Hongrie, de parents païens. Élevé à Pavie, en Italie, où son père était militaire, il fut enrôlé dans l’armée romaine à quinze ans. En 337, en garnison à Amiens, en France, il partagea la moitié de son manteau pour la donner à un pauvre mourant de froid. Il eut alors la révélation de la foi et se convertit au christianisme. En 356, il quitta l’armée à Worms, en Allemagne.

Il se mit alors au service de saint Hilaire, évêque de Poitiers, en France, qui le forma. Parti retrouver ses parents en Pannonie, il convertit sa mère. Après un séjour à Milan, en Italie, il partit se réfugier sur l’île de Gallinaria, sur la côte ligure. Puis il revint en France rejoindre saint Hilaire. Installé comme ermite près de Poitiers, il fonda l’Abbaye de Ligugé, premier monastère d’Occident. Enlevé par les Tourangeaux qui en firent leur évêque le 4 juillet 371, il créa le monastère de Marmoutier, près de Tours, et fonda les premières églises rurales de la Gaule, tout en sillonnant une partie de l’Europe (Allemagne, Luxembourg, Suisse, Espagne...).  Saint Martin mourut le 8 novembre 397 à Candes, et fut enterré le 11 novembre à Tours. Son souvenir est inscrit dans toute l’Europe depuis dix-sept siècles.

Depuis plus de 1700 ans, les traces de saint Martin de Tours sont présentes sur le plan matériel (historique et archéologique, culturel, artistique) comme sur le plan immatériel (mythes, rites, légendes, croyances ou traditions). Saint Martin est encore bien vivant aujourd’hui dans certaines régions d’Allemagne, de France, d’Italie, de Hongrie, de Slovénie, d’Espagne… C’est une figure historique et un « héros européen de la légende et du folklore ». Martin est le patronyme de loin le plus fréquent en Europe et un prénom souvent choisi. Sa fête, le 11 novembre, donne lieu encore aujourd’hui à de nombreuses réjouissances en Europe : manger l’oie, déguster le vin nouveau…, et à des manifestations populaires : foire de la Saint Martin, défilés d’enfants avec des lampions…

Le développement de son culte à travers les époques, alors que la notion d’Europe n’était pas même apparue, fait émerger l’idée d’une conscience européenne, liée sans conteste à la personnalité de saint Martin de Tours. Retrouver cet héritage culturel commun à la France et l’Europe à travers la mise en œuvre de chemins culturels « Saint Martin de Tours » constitue le meilleur moyen de transmettre aux générations futures dix-sept siècles d’un culte lié à un patrimoine européen exceptionnel.

220 villes et communes portent le nom de Saint Martin en France, 3 700 monuments lui sont dédiés, plus de 500 en Espagne et en Allemagne, 700 en Italie, 350 en Hongrie, 12 cathédrales en Europe… Canterbury, première église anglicane, et Saint Martin in the Fields à Londres sont sous son vocable, et un grand quartier parisien porte son nom.