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Juaye-Mondaye

Juaye-Mondaye

623 habitants - 16,12 km2
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. Abbaye Saint-Martin



Description


Il ne reste rien sauf les traces dela léproserie de l'abbaye médiévale et l'abbaye actuelle est le chef d'oeuvre d'Eustache Restout, né à Caen (Normandy - France) le 12 novembre 1655, architecte, graveur et peintre. Religieux prémontré il est mort sous-prieur de l'abbaye de Mondaye le 1er novembre 1743.
L'église est d'une longueur de soixante mètres, l'édifice présente un portail aveugle, la place étant laissée à l'orgue. La nef a cinq travées, de gros piliers soutenant des arcs en plein cintre. Le côté sud est illuminé par deux fois plus d'ouverture que le côté nord. L'autel est au centre et les bras de transept sont grands, selon la tradition prémontrée. Au dessus de l'autel, la coupole est une copie de celle de la chapelle du château de Sceaux, peinte par Charles Le Brun. La chapelle de Sceaux ayant disparu, il ne reste que cette copie à admirer.Le cloître, commencé au XVIIIe siècle par l'aile est et une partie de l'aile sud, fut continué et vitré au XIXe siècle mais inachevé. Il ne donne donc pas cette impression bien connue de jardin fermé. L'escalier menant à la bibliothèque et aux cellules a des rampes en fer forgé.
La salle des pas-perdus comporte un auto-portrait d'Eustache Restout.

Historique


.Le premier abbé connu est Roger de Juaye, qui gouverne l'abbaye jusqu'en 1215. C'est lui qui préside à l'insertion de la communauté dans la famille des chanoines réguliers de Prémontré, avec une vie obéissant à la Règle de Saint Augustin, la liturgie et les coutumes en usage dans l'Ordre.
L'abbaye est restée, durant tout le Moyen Age, une maison modeste. Après la prospérité relative du XIIIè siècle, le monastère partagea l'insécurité des Normands pendant la Guerre de Cent ans et fut certainement concernée par les pillages des Anglais ou de leurs alliés Navarrais dans le Bessin.
En 1562, les protestants se soulèvent en Normandie et prennent Rouen et Caen. A Bayeux, la Cathédrale est mise à sac et l'abbatiale de Mondaye probablement pillée. Les religieux s'enfuient et se cachent quelques temps. L'abbé de Mondaye, Julien Guichard, est sauvagement assassiné dans l'église voisine de Lingèvres.

Grâce aux libéralités de la famille de Suresnes, dès 1570, l'abbaye était remise en état et restaurée au mieux. Comme dans toute la France classique, Mondaye connaît alors une période d'épanouissement spirituel. Dans la Normandie mystique des Olier et des Renty, l'abbatiat de François du Bouillonney (1587-1631) fait merveille. Sous cet abbé saint et avisé, la discipline régulière et la prospérité économique de la maison sont remarquables. Mais le siècle fut aussi celui de la commende et le nouvel abbé, Claude Leclerc du Tremblay, est âgé de 14 ans, et "possèdera" Mondaye jusqu'en 1704, soit un abbatiat commendataire de 71 ans !

Pendant ce temps, Mondaye est gouvernée par le prieur claustral, qui veille à la ferveur et à la régularité de la vie conventuelle. Il semble bien que Mondaye resta une maison sage et disciplinée pendant tout le XVIIè siècle. En 1634, les religieux demandèrent l'agrégation à la branche réformée de l'Ordre, née en Lorraine sous l'impulsion de l'abbé Servais de Lairuelz. La réforme de Lorraine, ou de l'"antique rigueur" - semblable à celle opérée par Rancé pour Cîteaux à la Trappe - tentait de ramener les Prémontrés à l'observance primitive du XIIè siècle.

En 1705, Mondaye retrouva un abbé régulier, en la personne de Philippe Lhermite et allait connaître alors son époque la plus brillante avec la reconstruction de son église abbatiale et de ses bâtiments conventuels. Les premiers abbés du XVIIIè siècle veillèrent donc au travaux de construction de la nouvelle abbaye. A la mort du troisième, le Père Louis Reusse, en 1763, l'abbaye retourna, jusqu'à la fin du siècle, sous le régime de la commende, gouvernée par des prieurs claustraux. Vint la Révolution,qui chassa les sept frères qui vivaient alors à l'abbaye de Mondaye en 1791 : .La ferme attenante à l'Abbaye fut vendue, le monastère vide fut un temps un collège (1802-1812), puis le refuge de religieuses trappistines, conduites par Madame de Chateaubriand (1815-1845).Quelques années passèrent encore et voici qu'à l'initiative d'un prêtre diocésain de Bayeux, la vie prémontrée recommença à Mondaye : en 1858, des religieux belges venus de Grimbergen (près de Bruxelles) y restaurèrent la vie religieuse premièe , sous la conduite du Père Joseph Willekens. La petite communauté belge fut vite rejointe par des Français. Dans l'époque de cette restauration, les personnalités ne manquèrent pas. La plus marquante, peut être, fut celle du Père Godefroid Madelaine (1842-1932), longtemps prieur de Mondaye, historien de son abbaye et de saint Norbert, qui fut élu en 1899 abbé de Saint-Michel de Frigolet - l'autre maison de l'Ordre établie en France au siècle dernier. Les temps étaient rudes cependant. L'abbatiat du Père Willekens dura jusqu'en 1908, mais ces cinquante premières années de la refondation furent dramatiques. A peine les religieux commençaient-ils à prospérer - ils avaient notamment continué à l'identique la construction du monastère, édifiant les ailes Nord et Sud - que les lois républicaines les expulsèrent une première fois en 1880. Rentrés discrètement en 1894, ils durent, en 1903, s'exiler en Belgique - cette fois pour de bon, et dans l'idée qu'ils ne reviendraient pas.Avec ses meubles (sa belle bibliothèque, en particulier), la communauté s'installa à Bois-Seigneur-Isaac, un ancien monastère de chanoines réguliers, à deux pas de Waterloo ! Elle y fut notamment gouvernée par le Père Joseph de Panthou. Le Père Exupère Auvray (élu abbé en 1915) ramena enfin les frères à Mondaye en 1921. Depuis trois quart de siècle, maintenant, Mondaye vit stablement en Normandie.

Période : XIIIe XVIIe si√®cle
Architecte : Eustache Restout
Bibliographie :
  • Godefroid Madelaine, Essai historique sur l'abbaye de Mondaye, Caen 1874.
  • Jean Pelcoq L'abbaye de Mondaye, Juaye-Mondaye 1938
  • M. Degroult, Mondaye en Normandie, Juaye-Mondaye 1959