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Londres

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. Charité de saint Martin



Description

La composition de cette charité de saint Martin s'ordonne autour d'une géométrie rigoureuse déterminée par les deux diagonales de la toile.

Dans le triangle inférieur droit ainsi déterminé, se tiennent deux pauvres. L'un est représenté de profil; agenouillé, il prend appui sur un bâton; vêtu d'une mauvaise tunique ceinturée, il a les épaules dénudées; sa tête est entièrement enveloppée d'un linge, comme d'un bandage. L'autre est représenté de dos, assis sur un lit de paille et vêtu d'un simple pagne, la tête ceinturée d'un bandeau; les muscles de son dos et de ses bras sont bien développés: il n'est ni hâve, ni étique; il reçoit la part de manteau que lui donne saint Martin avec force, avec avidité aussi certainement, presque comme s'il l'arrachait. Cette impression est renforcée par le fait que, entre l'épaule de saint Martin et le pauvre, le manteau s'est entortillé sur lui-même et aminci pour ressembler à une sorte de tresse, que c'est précisément cette portion de son manteau que saint Martin s'apprête à trancher et qu'elle se trouve sur la diagonale du tableau, comme le point de bascule et le lien entre le monde terrestre et le monde divin.

Dans le triangle supérieur gauche, se trouvent saint Martin et un autre homme barbu; l'inclinaison de son visage et la position du bras du pauvre assis trace la seconde diagonale. Saint Martin monte un cheval blanc au large poitrail, tête baissée et antérieur droit levé. Vêtu d'une courte cuirasse travailllée et de linge fin, portant une toque noire garnie d'une longue plume, il tient une épée à la poignée fine et ouvragée. Bien au centre de la toile, son visage jeune, fin et délicat, est tourné vers les deux pauvres et s'oppose aux traits épais du pauvre agenouillé. En fait, la différence de traitement entre les personnages des deux triangles est celle qui oppose d'un côté les besoins humains et les appétits terrestres, et d'un autre côté la miséricorde de Dieu; mais les deux mondes sont reliés par l'amour de Dieu et le don de l'amour symbolisé par le manteau.

Historique

Van Dyck a peint deux versions quasiment identiques de la scène du partage du manteau, l'une conservée dans la prestigieuse collection royale de Windsor, l'autre à l'église Saint-Martin de Zaventem (Belgique); la différence réside dans la présence en arrière-plan d'une mendiante tenant un enfant dans ses bras dans la version anglaise. C'est une copie de la version belge qui orne l'église Saint-Martin-within-Ludgate en compagnie de deux toiles représentant les deux autres saints patrons de l'église: sainte Marie-Madeleine et Saint Grégoire.

Période : [ca 1900]
Lieu de conservation : Saint-Martin-within-Ludgate
Localisation : Londres