Au XXIe siècle, le concept le plus utilisé par les entreprises, le marketing, les responsables politiques…, c'est le développement durable. Depuis plus de vingt ans, chacun le récupère et l'adapte à ses besoins en fonction de ce qui l'arrange. C'est un concept incontournable, porteur de sens, mais auquel il a toujours manqué une dimension humaine, celle du Partage. Il est aujourd'hui absolument nécessaire de réapprendre à partager, comme saint Martin partagea son manteau en deux avec un pauvre au IVe siècle.
Ce nouveau Partage, c'est un Partage élargi, c'est celui qui appartient à toute l'Humanité : partage du savoir, de l'éducation, de la culture, des ressources, de l'environnement, de la santé…C'est le « Partage citoyen », un concept qui permettra aux entreprises, responsables politiques…d'agir et de s'engager collectivement et individuellement en transmettant des valeurs aux générations présentes et futures.
Participer à la mise en place de la Fondation Saint Martin, c'est jouer un rôle dans l'expansion européenne, c'est être acteur d'une mondialisation positive. Soutenir le « Partage citoyen », c'est développer une vision plus réaliste du monde d'aujourd'hui, c'est participer par la prise de conscience à un développement respectueux de l'être humain, c'est aussi participer à un projet créateur de valeur pour l'Humanité, mesurable en termes financiers, créateur d'une nouvelle forme de croissance pour les entreprises. Il s'agira de donner une éthique à toute initiative prise par les entreprises qui conduira à un changement de comportement tant au plan économique que social : car partager, c'est s'enrichir.
Le 10 novembre prochain, le Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours annoncera son projet de Fondation Saint Martin autour du « Partage citoyen », et lancera une opération de mécénat et une souscription européenne pour la financer en 2008 - 2009.
LA FONDATION SAINT MARTIN
« Entre ceux qui ont perdu leur raison de vivre, parce qu'ils n'ont pas assez et ceux qui ne trouvent plus leur raison de vivre parce qu'ils pensent avoir tout, il faut s'aider, et je crois que le partage, c'est vraiment cela ». (Abbé Pierre)
AVANT-PROPOS
Depuis le geste du partage de saint Martin, et même depuis l'origine de l'Humanité, l'homme a toujours été solidaire. Mais jusqu'au siècle dernier, nous vivions autour de notre clocher, dans notre village, dans des territoires fermés, avec très peu d'informations sur le reste du monde. Le développement des moyens de communication et la mondialisation ont modifié notre attitude vis-à-vis de la solidarité et élargi notre champ de vision. Notre temps est exceptionnel dans l'évolution de l'Humanité: aujourd'hui, nous sommes en train de prendre conscience que nous ne faisons qu'un peuple, qu'un groupe (de par le développement des nouvelles technologies, la surmédiatisation de l'information…). Nous sommes en train d'acquérir le sens de la globalité; de ce fait, la nourriture, les matières premières, l'énergie, le savoir-faire scientifique et l'accès à l'éducation appartiennent à tous. C'est une véritable prise de conscience d'une vision globale de l'Humanité, à savoir que nous faisons partie d'un univers où tous les humains sont connectés entre eux, sont tous interdépendants.
En ce début du XXIe siècle, nous avons conscience de notre responsabilité éthique sur les enfants qui vont naître, mais nous n'avons pas encore réalisé que ce sont ces générations futures qui constitueront cette communauté unique sur laquelle nous devons commencer à réfléchir. La liberté d'action de chaque génération est déterminée par les besoins des générations futures. Seul une forme de partage élargi, « le Partage citoyen », pourra mobiliser dans cette aventure commune afin de construire le futur. Le Partage citoyen, est un avenir bâti sur un développement raisonnable, évoluant vers un monde basé sur la rencontre, l'échange, la parole, la culture, l'éthique, où tout le monde sera appelé à participer, c'est une autre façon de penser l'Homme, c'est construire une mondialisation positive basée sur la relation humaine. Une grande aventure pour les jeunes, avec des projets qui pourront réenchanter l'Europe.
INTRODUCTION : SAINT MARTIN
Saint Martin de Tours, né au 4e siècle en Pannonie (actuelle Hongrie) a été reconnu « Personnage européen, symbole du partage » par le Conseil de l'Europe en 2005. Il est connu dans le monde entier pour son geste du partage du manteau avec un pauvre alors qu'il était jeune soldat. Par ses nombreux voyages dans une partie de l'Europe actuelle, il a contribué à faire circuler les idées. L'immensité du patrimoine martinien atteste encore aujourd'hui de son rayonnement exceptionnel en Europe et dans le monde. Son geste universel est devenu le fondement de la valeur du partage.
LA FUTURE FONDATION SAINT MARTIN
La France, avec toute son histoire, son passé, la convergence de tous ses courants de pensée, a toujours défendu des valeurs humanistes. Ce combat n'est pas achevé, il continue à évoluer en apportant des réflexions nouvelles sur les Droits de l'Homme et la démocratie. La France a aujourd'hui une responsabilité à l'égard de l'Europe et du monde. Terre de saint Martin, c'est là qu'il accomplit le geste universel du Partage. Tous les hommes peuvent se reconnaître dans ce geste, il est au-delà de toute idéologie et de toute religion, il est toujours actuel, il prépare et complète la justice, il s'adapte à toutes les races et à toutes les conditions, il a traversé dix-sept siècles. Mais aujourd'hui, au XXIe siècle, malgré toutes les avancées de la civilisation, la plus grande entrave aux Droits de l'Homme reste toujours la pauvreté. Il est plus que jamais nécessaire de réapprendre le Partage et de l'intégrer dans nos vies quotidiennes. La Fondation Saint Martin, générée par le Centre Culturel Européen Saint Martin de Tours, sera apolitique et aconfessionnelle. Elle aura pour objectif de mettre en place le « Partage citoyen »: développer un Partage élargi, participer à l'éducation au Partage et pérenniser ainsi le geste de saint Martin pour les générations futures. La Fondation Saint Martin aura son siège en France, à Tours, cité de saint Martin, troisième ville de pèlerinage en Occident après Rome et Jérusalem pendant des siècles.
L'avenir : TOURS CAPITALE INTERNATIONALE DU PARTAGE CITOYEN
Haut lieu national et européen, la Fondation Saint Martin constituera le centre mondial du Partage citoyen, un espace de réflexion, d'hospitalité et d'échange doté des technologies les plus modernes, faisant ainsi de Tours la capitale internationale du Partage citoyen, et de la Touraine un carrefour de tous les grands chemins portés par l'Europe (Saint-Jacques de Compostelle, Via Francigena, Via Regia, Itinéraire Saint Michel…).
LE PARTAGE CITOYEN, UN CONCEPT
Le « Partage citoyen » est un concept novateur, qui tend à rassembler les hommes au-delà des clivages de toutes natures, dans une même démarche : partage des ressources, des connaissances, des valeurs…. dans l'urgence de préserver l'Humanité. Face au défi de la mondialisation, à l'expansion démographique et à la mise en péril de l'écosystème de la planète, le partage devient plus qu'une nécessité morale : il en va de la survie des populations non seulement européennes, mais aussi mondiales. Condition du dialogue interculturel et intergénérationnel, le Partage citoyen s'étend du partage matériel de l'eau, de la nourriture, de l'environnement et des richesses, au partage des valeurs spirituelles universelles et au partage interculturel.
Le Partage citoyen se place en amont du développement durable. En effet, l'Homme se comporte naturellement de manière irresponsable vis-à-vis de la planète. La notion de développement durable n'est pas quelque chose de naturel pour lui, alors que sa capacité à partager est innée. (« social and sympathic » : enclin à coopérer et à partager - Wallace). Pour accomplir un geste citoyen, l'homme passe automatiquement par un geste de partage conscient ou inconscient. Le Partage citoyen, c'est la prise en compte de la dimension humaine avant tout.
Selon les statistiques, près d'un milliard d'êtres humains dans le monde vivent dans la pauvreté absolue. Avec le progrès technologique et le développement des communications, nous ne pouvons plus ignorer les conditions de vie sur notre planète. Il n'y a pas deux pays qui soient au même niveau, deux individus qui aient les mêmes chances, les mêmes niveaux de vie. Il semble donc nécessaire de partager les ressources plus équitablement et de reconsidérer notre relation à autrui.
Cependant, pour parvenir à cela, ne faudrait-il pas d'abord prendre conscience du partage dans nos gestes quotidiens? Le partage au quotidien, c'est avant tout une attitude intérieure. C'est un partage sans urgence et durable. C'est ce qui permettra de devenir citoyen de ce village planétaire qu'est devenu le monde, un village dans lequel nous sommes tous interdépendants.
Aujourd'hui, partager suppose également une réflexion plus globale, qui nous amène à changer nos comportements, pour que l'Homme puisse survivre. La pauvreté de proximité, comme la misère dans le monde, s'inscrit dans la nécessité d'un Partage citoyen, qui ne dépossède pas celui qui donne, et ne crée pas de dette à celui qui reçoit. L'enjeu de notre époque, c'est de développer le sens du partage, de la fraternité, de la justice et du respect de l'autre en favorisant l'implication active dans la vie de la société, dans un esprit d'ouverture au monde. Conscients que nous ne pouvons pas résoudre les problèmes du monde, nous réalisons parallèlement que nos comportements quotidiens, notre manière de produire, de consommer, de gaspiller, nous amènent à la dégradation de la planète.
Dix-sept siècles après le geste universel de Martin, le partage a revêtu une forme contemporaine. C'est un nouveau partage, responsable, engagé, élargi: le Partage citoyen.
Le concept du Partage citoyen a été validé par une Commission d'une vingtaine d'experts européens réunis dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire du Traité de Rome le 14 mars 2007 à Paris, sous la tutelle du Conseil de l'Europe et du Ministère de la Culture et de la Communication, sous la présidence de Madame Catherine Lalumière.
LES OBJECTIFS DE LA FONDATION
- Affirmer l'importance de la valeur universelle du partage à laquelle chacun peut adhérer, pour chercher des solutions à l'échelle de la planète aux problèmes contemporains (environnement, éducation, santé…),
- Sensibiliser à la prise de conscience d'une identité et d'une citoyenneté humaine communes, à l'ouverture à l'autre, en respectant cultures et différences,
- Inscrire le « Partage citoyen » dans la Déclaration universelle des Droits de l'Homme (quatrième génération),
- Générer l'engagement personnel des individus en proposant une participation active dans des initiatives de « Partage citoyen »,
- Mettre en place et diffuser le label « Partage citoyen »,
- Organiser les « journées européennes du partage »
- Sensibiliser à l'importance du partage par l'éducation pour qu'il devienne un réflexe naturel dans notre vie quotidienne ; promouvoir la valeur du partage par l'éducation aux droits de l'Homme et à la citoyenneté,
- Créer un prix du « Partage citoyen », destiné à récompenser des actions concrètes qui s'inscriront dans une dynamique de citoyenneté humaine,
- Rédiger une « Charte du Partage citoyen », qui définira l'ensemble des critères nécessaires à l'obtention du label Partage citoyen,
- Faire de Tours la capitale internationale du « Partage citoyen », en créant un sommet permanent du Partage citoyen par le biais des nouvelles technologies, qui établira des passerelles entre les organisations et les institutions qui concrétisent sur le terrain des projets, pour créer une meilleure compréhension entre les individus. Ce travail s'appuiera sur la réflexion et l'interrogation permanente de tous, dans une démarche citoyenne qui utilisera toutes les formes de communications modernes,
- Créer un espace public d'un type nouveau, où se dérouleront de véritables rencontres et délibérations démocratiques impliquant les institutions, la société civile, les associations…, permettant de réfléchir aux problèmes de société et de proposer des solutions. La fondation Saint Martin sera une structure de réflexion pluridisciplinaire, intersectorielle et transversale,
- Créer des passerelles entre l'accès à l'éducation, les écarts de vie au nord et au sud, les droits civiques, les changements climatiques ou la solidarité internationale. Le grand enjeu du XXIe siècle sera l'élaboration d'une véritable communauté mondiale qui consistera à passer du stade de l'interdépendance à celui de l'intégration.
En développant la notion de "Partage citoyen", la Fondation Saint Martin ne prétend en aucune manière se substituer à des organismes qui agissent déjà dans tous les domaines où le partage est indispensable. Elle ne sera pas une ONG ou une organisation humanitaire ou environnementale de plus. Elle devra agir pour construire un cadre de réflexion sur ce qui doit être partagé ou réparti, comment devra se faire cette répartition et dans quels buts. Elle devra être une boîte à idées, ou un "thinktank" qui fera appel aux travaux des économistes, sociologues, philosophes, historiens et personnalités du monde scientifique et intellectuel concernées par cette réflexion.
LE PARTAGE CITOYEN : LE TEXTE FONDATEUR
« Serait-ce une utopie de suggérer la vision morale d'un autre monde qui, en raison des turbulences qui le traversent, reste lié par sa démarche et uni dans son destin, autrement dit, par la nécessité absolue de partager à tous les niveaux ? », Elie Wiesel.
INTRODUCTION
L'Humanité, c'étaient 250 millions d'êtres humains à l'époque de Jésus Christ, 1 milliard au 18e siècle, 2 milliards en 1950. Aujourd'hui, nous sommes 6,5 milliards, et nous serons 8 milliards dans moins de vingt ans. Mais, au niveau de vie occidental, la planète peut seulement nourrir un milliard de personnes. Aucun précédent historique n'existe pour nous aider à affronter cette situation. De plus, lors de crises, c'est toujours le côté violent et agressif de l'Homme qui prédomine dans son comportement. Or, il est plus que jamais responsable de la survie de l'Humanité. Comment faire resurgir les valeurs positives qu'il a inventées (démocratie, amour, amitié…) et son côté solidaire, attentif à autrui? Par le Partage citoyen.
DEFINITION
Le Partage citoyen, c'est la prise de conscience de l'absolue nécessité de partager : partager les biens publics mondiaux: l'eau, l'air, les richesses, le savoir, la santé…
LES FONDEMENTS
Le Partage citoyen intègre des réflexions écologiques, économiques et socioculturelles qui puisent leurs racines dans l'histoire des idées et des pratiques économiques et sociales.
Il ne s'agit plus uniquement du geste de générosité de celui qui a envers celui qui n'a pas, mais de prendre en considération des biens qui sont communs à toute l'Humanité, et que nous devons partager, nous les milliards d'individus qui composons l'Humanité sur cette terre. Il y a tous les biens de la nature, l'eau, l'air, la terre, les ressources minérales, les ressources énergétiques. Il y a également l'éducation, la culture, la connaissance, le savoir, la santé, voire les Droitsde l'Homme... On doit aussi concevoir le partage de biens
immatériels" tels que l'accès à l'information, au savoir scolaire, et de manière plus radicale, aux "codes" variés sur lesquels reposent nos sociétés (on pense en particulier au "partage de codes" dans le domaine informatique et aux logiciels libres). Dès lors qu'un de ces biens est indispensable à la survie du groupe, avec la mondialisation, avec les transformations technologiques qui nous rendent interdépendants les uns des autres et qui atténuent l'effet des frontières, il devient un bien public mondial. Encore faudrait-il que soit établie l'absence de toute rivalité dans l'acquisition, mais aussi l'absence de toute exclusion. Un bien public profite à tous, sans rivalité et sans exclusion. Le partage de tous les biens communs essentiels devient alors un enjeu majeur tant au niveau local qu'au niveau planétaire.
Si nous partageons les biens communs, cela veut dire que personne autour de nous ne les possède. C'est au nom de la justice que les résultats de ces biens communs sont partagés entre nous. L'éthique du partage est fondée sur la question de la justice. Au XXIe siècle, le partage du manteau de saint Martin n'est donc plus un geste de charité, mais le geste de la justice. Le partage, c'est une exigence de justice. La notion de droit devient alors prioritaire pour écrire l'espace du partage : droit au logement, droit à la nourriture, droit à l'éducation, droit à la santé… La manière dont certaines fractions de la population sont activement exclues d'un accès à l'eau, la manière dont d'autres n'accèdent pas aux soins élémentaires, tiennent souvent à un défaut de politique de régulation internationale ou à une affirmation excessive d'un nationalisme encore vivant. Il serait donc certainement nécessaire de mettre en place un organisme international de gouvernance mondiale qui puisse répartir équitablement les ressources mondiales de la planète.
Le Partage citoyen concerne surtout notre avenir et celui de nos enfants. C'est une conception beaucoup plus large du partage. Jusqu'à présent, nous n'avons pas pris conscience de cette formidable interdépendance qu'il y a entre tous les hommes, présents et futurs.
LE PARTAGE CITOYEN, UNE VALEUR EUROPEENNE
Dans un monde en pleine mutation, l'Europe doit réfléchir à de nouveaux modèles économiques et culturels, et à de nouvelles manières de travailler ensemble. La mondialisation fait naître des questions au sujet de l'avenir, dans des domaines tels que la protection de l'environnement, le commerce mondial, le dialogue entre les religions, l'éducation, la culture… Dans cet univers mondialisé, l'Europe doit concevoir une politique correspondant à ses valeurs réactualisées : des valeurs humanistes intégrées et vécues au quotidien.
Parmi ces valeurs, il en est une fondamentale, celle du partage, symbolisée par le geste universel de saint Martin, qui revêt aujourd'hui la forme d'un partage élargi : le Partage citoyen, véritable enjeu pour l'avenir. L'Europe n'a pas beaucoup de symboles forts à sa disposition pour toucher le cœur des Européens, le geste de saint Martin en est un. L'Europe doit être la cheville ouvrière de ce chantier permanent interrogeant une valeur culturelle fondée sur son histoire commune, sur le dialogue de ses expressions sociales et religieuses, sur la coopération des intellectuels, les consciences de notre temps et les acteurs qui travaillent au quotidien des inégalités.
Il est nécessaire d'ouvrir le grand chantier qui consiste à faire des Européens conscients de ce qu'ils ont reçu en commun au cours de leur histoire et de ce qu'ils doivent partager aujourd'hui avec le reste de l'Humanité pour apprendre à vivre vraiment ensemble.
L'Europe a la responsabilité de participer à la transmission de ces valeurs aux générations futures. Depuis son origine, elle a toujours été à la pointe de la défense des Droits de l'Homme et de la diversité culturelle. La Déclaration universelle des Droits de l'Homme continue à être une source d'inspiration fondamentale. Ses principes contribuent à promouvoir des politiques nationales et régionales de protection des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Inscrire le Partage citoyen dans cette Déclaration, c'est un moyen de participer à cette transmission. La France, lors de sa Présidence de l'Union Européenne en 2008, pourrait, avec le soutien de l'Europe, initier la mise en place de la quatrième génération des Droits de l'Homme, qui s'inscriraient dans une logique plus globale de droits élargis aux Droits de l'Humanité, où le Partage citoyen trouverait parfaitement sa place.
LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME ET LE PARTAGE CITOYEN
La déclaration universelle des droits de l'homme contient des éléments qui, fondamentalement, recoupent les différentes significations du "partage citoyen". Néanmoins la notion de "déclaration des droits de l'homme" dans la culture française est liée à la Révolution française et à une affirmation individuelle et sociale face à la doctrine de l'Eglise catholique. Tout le XIXe siècle français est marqué par cette opposition des "droits de l'homme" face aux "droits de Dieu". La célébration de la déclaration universelle des droits de l'homme doit nécessairement, du point de vue français, rejoindre l'évocation de ce précédent révolutionnaire. Dans le même temps, aussi bien à l'échelle européenne qu'à l'échelle internationale, la notion de "droits de l'homme" rejoint une grande variété de présupposés philosophiques, religieux ou simplement contextuels. Aussi la notion de "partage citoyen " déjà reconnue par le Conseil de l'Europe comme valeur européenne pourrait être un bon moyen d'"actualiser" une déclaration universelle aussi bien du point de vue européen
que du point de vue de l'ouverture de l'Europe sur le monde. Il conviendrait alors que la France s'appuie non seulement sur l'évocation du précédent révolutionnaire (qui devra bien sûr être rappelé) mais aussi sur l'évocation de la figure martinienne comme figure européenne porteuse de cette notion de "partage citoyen".
LE LABEL PARTAGE CITOYEN
Le véritable enjeu du Partage citoyen, c'est de coopérer: d'un côté, il existe un pouvoir, une économie très forte, et de l'autre des enthousiasmes, des choses difficiles à mettre en œuvre, et énormément de bonnes volontés. Le Partage citoyen, c'est d'abord la coopération entre ces deux sphères, c'est le partage des responsabilités dans l'action. Prendre conscience de la nécessité de partager, c'est sortir ded'un objectif, et le partage d'un moyen pour obtenir tout cela. La coopération entre tous les individus permettra la participation à une action collective pour mettre en œuvre un projet commun. L'objectif, c'est de rendre la première place aux relations humaines, en tendant vers plus de coopération. Les entreprises, institutions, ainsi que la société civile pourront le faire à travers les journées européennes du partage.
La Fondation va mettre en place un label « Partage citoyen « pour les entreprises, les associations, les collectivités…, qui aura pour but de promouvoir les initiatives dédiées au Partage citoyen. Ce label sera attribué en fonction des critères définis par la Charte du Partage citoyen de la Fondation, en concertation avec les institutions européennes.
LES JOURNEES EUROPEENNES DU PARTAGE
DU 8 AU 11 NOVEMBRE
Partout en Europe et dans le monde, le 11 novembre, on célèbre la saint Martin. Cette journée est placée sous le signe du partage et de la fraternité. Cependant, il n'existe pas de conscience européenne d'un patrimoine commun et de valeurs communes autour de cette date symbolique. De plus, en France, la Saint Martin est devenue le jour de l'Armistice à la fin de la première guerre mondiale, occultant ainsi le sens premier de cette grande fête.
Actuellement, il existe des actions de sensibilisation aux nombreux problèmes de la planète (journée de la terre, journée mondiale contre la faim, journée sans voiture, journée mondiale de l'eau, journée mondiale de l'environnement…). Mais quel est le sens sous-jacent et commun à toutes ces actions ? Le partage, valeur universelle, auquel il convient de donner une nouvelle légitimité en redécouvrant le sens du geste de saint Martin. Ainsi le 11 novembre marquera-t-il une date symbolique pour l'Europe : comme saint Martin partageant son manteau avec un pauvre, l'Europe n'abandonnera jamais les pauvres et prendra les mesures nécessaires pour partager son manteau de richesses avec les autres continents.
Les journées européennes du partage auront pour objectif de faire prendre conscience à l'individu de l'importance de cette valeur, essentielle pour préserver le monde de demain. Ces journées inviteront également à réfléchir sur la notion d'un partage quotidien et global. Il s'agit de préparer les Européens à comprendre pourquoi il faut partager. Instaurer en soi un partage au quotidien, que cela devienne durable, que cela s'inscrive en eux et que cela crée une autre dimension humaine, une dimension de cœur.
A l'occasion de la Présidence française de l'Union européenne en 2008, la future Fondation Saint Martin lancera, le 11 novembre, avec l'Europe, les premières « Journées européennes du partage », afin de remettre le geste de saint Martin au coeur de la conscience européenne. L'ensemble des entreprises, des associations et institutions européennes qui participeront à cette opération seront porteuses du label « Partage citoyen ».
Il s'agira d'une journée d'échanges, de générosité, d'ouverture, basée sur des initiatives de partage de toutes sortes, pilotées par les entreprises, les institutions et les associations, médiatisées et diffusées partout, qui laissera la possibilité aux gens de faire parler leur cœur en partage.
CONCLUSION
Ce ne sont pas les jeunes qui sont en train de détruire les forêts tropicales ; ils vous demandent d'arrêter.
Ce ne sont pas les jeunes qui ignorent les problèmes des faibles et des démunis et qui laissent des milliers de gens mourir de faim chaque jour sur une planète qui a plus que ce qu'il faut pour nourrir tout le monde ; ils vous demandent d'arrêter.
Ce ne sont pas les jeunes qui sont en train d'épuiser la couche d'ozone ; ils vous demandent d'arrêter.
Les jeunes sont en attente de projets, de nouvelles politiques, d'aventures humaines et sociales, d'espérance. Avec eux, grâce à eux, imaginons le monde de demain. Inventons, sur tous les sujets, l'échange permanent. Et mettons la réflexion sur le Partage citoyen au premier rang de nos préoccupations. C'est ainsi qu'ils pourront développer une intelligence capable de penser autrement le monde, faire émerger une pensée créative, poursuivre notre évolution sur des bases justes, et s'inscrire dans l'esprit de l'article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns les autres dans un esprit de fraternité ».
Antoine SELOSSE
Martine CAMPANGNE
LES GRANDS RENDEZ-VOUS
10 novembre 2007
Lancement du projet de Fondation Saint Martin sur le thème du Partage citoyen
1er juillet - 31 décembre 2008
Présidence française de l'Union Européenne
11 novembre 2008
Lancement de la première Journée européenne du Partage
10 décembre 2008
60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme
2016
1700e anniversaire de la naissance de saint Martin
TOUR DU MONDE DU PARTAGE
EDUCATION AU PARTAGE
Le sens du partage est souvent étonnamment développé chez nos enfants, et nous découvrons que ce n'est pas seulement nous qui les éduquons, mais qu'eux aussi nous éduquent, nous transforment, nous incitent au partage.. Il est nécessaire de chercher à susciter la réflexion personnelle et à engager des actions de sensibilisation sur le problème du partage. Les enseignants peuvent aider dans ce domaine en recueillant des informations sur le partage et en demandant aux étudiants quelles améliorations pourraient être apportées. Il est nécessaire d'apprendre aux jeunes à adhérer aux valeurs de partage. Les jeunes possèdent la créativité et l'énergie nécessaires pour s'attaquer aux grands problèmes comme ceux de la faim, de l'eau…
PARTAGE DES CONNAISSANCES
Promouvoir l'accès à la connaissance pour tous (droit à l'éducation, formation des plus pauvres) ; former les acteurs sociaux et développer leur formation mutuelle ; changer le rapport au savoir; promouvoir l'éducation populaire, la formation par l'échange d'expérience ; promouvoir l'éducation aux relations entre les êtres, les sociétés, avec la biosphère et l'éducation à l'environnement enracinée dans le territoire ; relier éducation et éthique; promouvoir la formation éthique et la formation citoyenne…
PARTAGE DES CULTURES
Le continent européen est caractérisé par une pluralité de cultures d'importance nationale, transnationale et régionale, dont les soixante langues parlées ne sont qu'un témoignage. La pluralité des cultures s'est inscrite dans les modes d'expression (langues, musique, peinture, architecture, etc.) ainsi que dans la spécificité des activités économiques, des habitations, des déplacements et des loisirs. Ces cultures ont façonné pour une large part les paysages, les villes et les établissements humains, ainsi que le patrimoine construit de l'Europe. Cette diversité culturelle qui a été, dans le passé, la cause de tensions et de conflits, représente aujourd'hui un potentiel inestimable pour un développement territorial durable.
PARTAGE DES VALEURS SPIRITUELLES UNIVERSELLES
Au fil des siècles, les valeurs spirituelles ont été liées principalement aux religions, qui poursuivaient un même but : la fraternité, l'amour universel. On peut comprendre que différentes religions nées dans divers pays soient entrées en concurrence en venant au contact les unes des autres, que des scissions aient pu se former au sein d'une même religion, en des époques où ne s'était pas encore pleinement révélé à la conscience des hommes le fait d'appartenir à une même humanité. Mais ces oppositions ont-elles encore un sens au sein du village planétaire qu'est devenue la Terre ? On peut se demander si la première urgence pour ceux qui croient en Dieu (toutes religions confondues), et ceux qui croient tout simplement en l'Homme, n'est pas d'abord de s'unir.
Aujourd'hui, les valeurs spirituelles sont relatives à l'illumination, à la liberté et à une croissance créatrice de l'espèce humaine. Elles font avancer la tendance innée de l'humanité vers la synthèse et la globalité. Elles provoquent une ouverture au lieu d'imposer des limites à l'horizon de la vision et des capacités humaines. Les valeurs spirituelles les plus importantes pour nous tous sont, quelle que soit la nation que nous représentons, quelles que soient nos idéologies ou nos croyances, celles qui nous élèvent hors de notre égoïsme: le partage en est le plus bel exemple.
PARTAGE DE L'EAU
En 2006, un habitant de la planète sur cinq n'a pas accès à l'eau potable et 3 millions de personnes meurent tous les ans à cause de l'eau non potable. 15 millions d'êtres d'humains périssent annuellement à cause d'une pénurie d'eau comparable à ce que vécut l'humanité au début du XIXe siècle. L'absence d'eau potable et le manque d'assainissement font vivre des milliards d'humains dans des conditions indignes et révoltantes. Le réchauffement de la planète accentue la désertification de régions tropicales et méditerranéennes. Et même en France, l'eau arrive à manquer. Nombre de nappes phréatiques ont des réserves faibles ou sont polluées. L'eau est, à l'instar du pétrole, l'une des ressources primordiales pour l'avenir. Malheureusement, elle n'est pas considérée comme un bien public mondial. La sensibilisation de l'opinion publique à ce problème est fondamentale, en particulier des jeunes qui doivent apprendre à partager et être éduqués dans ce sens.
PARTAGE DE LA NOURRITURE
Actuellement, le monde est séparé en deux blocs : le monde développé et le monde en voie de développement. Le premier gaspille les trois quarts de la nourriture de la planète. Le deuxième doit se contenter de ce qui reste. Il en résulte que près de 800 millions de personnes souffrent de la faim, et que 7 millions d'enfants en meurent, dans un monde qui dispose pourtant de larges surplus alimentaires. Ce surplus est évalué à environ 10 % par habitant. Personne ne devrait donc souffrir de la faim. La nourriture et l'ensemble des ressources mondiales suffisent pour couvrir les besoins de tous les êtres humains. Mais, tant que nous ne partagerons pas les ressources, nous ne pourrons créer une nouvelle situation. La priorité est de fournir à chacun de quoi se nourrir.
PARTAGE DES RICHESSES
Actuellement, la répartition des richesses dans le Monde est totalement inéquitable : les pays développés utilisent 80% des ressources de la planète. Après l'ère de la croissance à tout prix, voici qu'émerge une nouvelle culture : celle du partage et du développement durable. Partage des richesses, afin d'assurer les conditions nécessaires d'une vie libre, digne et heureuse de chaque être humain sur n'importe quel point de la planète. Notre responsabilité est de permettre progressivement aux groupes humains de s'organiser en démocraties et de s'installer durablement sur leur territoire.
PARTAGE DE L'ENVIRONNEMENT
Nous vivons une période de changements climatiques brutaux, directement liés à l'activité humaine sur l'Environnement. On constate les phénomènes suivants : désertification, exploitation massive des forêts, épuisement des terres agricoles, pollution des sols et des eaux, pollution de l'air.
Tous ces phénomènes ont une conséquence directe et immédiate sur notre vie, se traduisant par une réduction de la biodiversité, le déclenchement de certaines maladies, des déplacements de population pour survivre, des situations d'appauvrissement pour d'autres. Nous ne sommes pas suffisamment sensibilisés aux problèmes de l'Environnement parce que nous n'avons pas encore pris la mesure des risques que pourrait engendrer la poursuite de la dégradation de l'Environnement. Il est indispensable de prendre en compte l'impact que nous avons sur notre environnement par notre manière de vivre.
….