Saint-Patrice

Dans une Vita de saint Patrick, rédigée au 7e siècle, le saint vient à Tours chercher la consécration de saint Martin. La rencontre de Martin et de Patrick est fort peu vraisemblable, mais le prestige de l'Abbaye de Marmoutier et de ses fondations était tel que les Irlandais avaient besoin d'y rattacher leur propre "patron". Ajoutons que la route de l'Irlande vers Rome passait par Tours au 7e siècle.

Traditions tourangelles

Non loin de Langeais, dont l'église a été fondée par Martin lui-même, se profile au pied du coteau où alternent la vigne et le chêne, la commune de Saint-Patrice. La primitive église Saint-Patrice, située un peu à l'est du château de Rochecotte, est désaffectée mais encore fort belle. Une autre église a été rebâtie au cœur du village. Une tradition locale veut que le futur apôtre de l'Irlande, en venant à Marmoutier, se soit arrêté sur les bords de la Loire, en un lieu qui prit le nom de Saint-Patrice. C'était au milieu des rigueurs de l'hiver. Pendant que le saint se reposait près d'une haie, une épine noire fleurit aussitôt miraculeusement au-dessus de sa tête.Les habitants du bourg de Saint-Patrice montrent toujours l'arbuste merveilleux qui, par un phénomène inexpliqué, continuerait à fleurir chaque hiver, en souvenir, disent-ils, du premier prodige et du passage de saint Patrice.

Cependant, la tradition locale attribue aussi la floraison de l'épine noire en décembre à saint Martin. En effet, selon la légende, saint Martin, s'en revenant de Chinon, après avoir traversé la Loire, se reposa à la lisière de la forêt de Saint-Patrice. Depuis, un buisson d'épine noire fleurit chaque année à Noël. Selon Jacques-Marie Rougé, les habitants du pays disent qu' "on envoie au pape une fleur de l'épine miraculeuse cachée dans une pomme de terre afin qu'elle ne se fane pas".

C'est à l'abbaye de Marmoutier que le souvenir de saint Patrick est le plus vivace. De nos jours encore, près des grottes, témoins des veilles et des labeurs des compagnons de saint Martin et de leurs premiers successeurs, on montre au bas d'un rustique escalier une cellule taillée dans le roc où une statue de l'intrépide missionnaire du 5è siècle rappelle son séjour dans l'antique moutier d'où sortirent alors tant d'évêques et d'apôtres.



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