Rivière

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Église Notre-Dame-de-Rivière




L'église Notre-Dame de Rivière serait, en France, le plus ancien sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Au 4e siècle, saint Martin y aurait fait construire une église. Mais elle n'apparaît dans les sources fiables qu'à partir de la fin du 11e siècle. Le sanctuaire est surélevé au-dessus d'une crypte dans laquelle on trouve trois chapelles ; celle de gauche est dédiée à saint Martin, les peintures murales sont l'œuvre du comte de Galembert (1864). Une légende du 13e siècle relate sur le mur la rencontre de saint Martin et de saint Mexme.

La légende

Une légende rapporte qu'un jour, saint Martin voulait que saint Mexme l'accompagne à Rome en pèlerinage. Alléguant de travaux dans son monastère, saint Mexme voulut d'abord retourner à Chinon en barque. Soudain, la barque se retourna sous les yeux de saint Martin, qui le sauva de la noyade en lui demandant d'être plus obéissant.


  1. Martin, après court séjour,
    De Candes partit un jour,
    Par la rivière de Vienne,
    Où est une église ancienne,
    De Dame et Vierge Marie,
    Au milieu de la prairie.
  2. Alors Monsieur Saint Martin,
    Priant depuis le matin,
    Avec pieuses rêveries,
    Au doux autel de Marie,
    Rencontre le bon saint Mexme,
    Très fort occupé lui-même,
    Pour l'église de Chinon,
    Qui plus tard porta son nom.
  3. "Je voudrais, dit saint Martin,
    Diriger mes pas vers Rome,
    Voulez-vous, sans lendemain,
    Au sérieux être mon homme,
    Et voyager avec moi ?"
    Bon saint Mexme se tint coi.
  4. Il dit que pour rien au monde
    Il ne se mettrait en ronde
    Avant l'ouvrage fini,
    Dont il avait grand souci ;
    Mais qu'après il irait bien
    Avec Monsieur Saint Martin.
  5. Ce refus, de par saint Mexme,
    sur l'heure même ;
    Fut puni : voici comment
    S'accomplit le châtiment :
  6. Martin reprend son voyage
    Et Mexme, plein de courage,
    Met le pied sur le bateau
    Descendant le cours de l'eau,
    A Chinon menant la pierre
    Pour la belle église faire.
  7. Le nautonnier prend la rame,
    Désamarre son chaland,
    Frappe les flots rudement
    Sans s'effrayer de la lame
    Que lui conduit la tempête
    Grondant soudain sur sa tête.
  8. Le vent, l'orage et les flots
    Agitent le fond des eaux,
    Font si bien que le navire
    Tourne, chancelle et chavire,
    Et, le plus affreux malheur,
    engloutissent le pêcheur.
  9. Les vieux Gaulois de ce lieu,
    Alors appelé "les Rives",
    Tous convertis depuis peu
    Aux prières persuasives
    Du doux et pieux saint Mexme
    Font entendre un cri suprême.
  10. Tous aussitôt vers Martin
    Courent conter leur chagrin,
    Lui disent l'affreux malheur
    Qui vient d'affliger leur cœur.
    "O toi, notre aimable,
    Viens ! entends notre prière !"
  11. Martin, touché par ces larmes,
    Veut bien calmer les alarmes.
    Arrivé près du ruisseau,
    Il voit la barque engloutie,
    Mexme submergé sous l'eau,
    Plus près de mort que de vie.
  12. "Mexme, réponds à ma voix,
    dit Martin avec puissance,
    Et désormais promets-moi
    D'avoir plus d'obéissance.
    A Rome veux tu venir,
    Ou bien là, sous l'eau mourir ?"
  13. Mexme, du fond de l'abîme,
    Dit qu'il reconnaît son crime,
    Que partout où il voudra
    Monsieur Saint Martin suivra.
    Martin lui crie à voix haute :
  14. "Lève-toi du fond du gouffre,
    Dieu dans l'eau plus ne te souffre."
    Mexme alors, du fond de l'eau,
    Bien près d'être son tombeau
    Se présente sans dommage
    Jusques au bord du rivage
  15. Les vieux Gaulois réunis,
    De le voir sont ébahis.
    Monsieur Saint Martin lui-même
    Etait tout émerveillé
    De ce que bon Saint Mexme
    N'était ni mort ni mouillé.




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